Le 20ème Symposium Franco-japonais d’Océanographie vient de se terminer à Toba le dimanche 30 novembre 2025

Un très bon millésime fruit d’une excellente organisation et d’une forte participation.

La Société Franco-japonaise du Japon en lien étroit avec la Société Franco-japonaise de France, la Fisheries Research and Education Agency Japon, l’Institut National de Technologie de Toba et la ville de Toba ont fait de cet évènement international un moment d’échanges, de convivialité et d’amitié franco-japonaise.

Monsieur Atsushi KOTAKE, maire de Toba, entouré des deux présidents de la SFJO Japon et de la SFJO France, du Professeur Yasuyuki KOIKE et du président de la FRA Japan lors de la réception offerte par la mairie de Toba.

De nombreuses institutions internationales, organismes de recherche, universités et partenaires industriels présents.

Après le 19ème Symposium Franco-japonais tenu à Caen en novembre 2023, cet évènement international constitue un nouveau moment d’échanges et de synthèses des travaux menés dans le cadre du protocole d’accord signé entre l’IFREMER et la Fisheries Research and Education Agency Japan. Le Dr Ichiro Nakayama, Président de la FRA Japan a fait l’historique de cet accord de coopération et son évolution thématique. A partir de 2022, 7 sujets de coopération ont été définis: écosystèmes côtiers et production de bivalves, aquaculture durable, maladies et prolifération d’algues toxiques, génomique marine, bycatch et bio-logging, écologie halieutique.

Le président de la FRA Japan, le Dr Ichiro Nakayama lors de son exposé introductif de la session IFREMER-FRA Japan.

Une autre structure internationale présente depuis le Symposium Franco-japonais de Bordeaux en 2017 est l’International EMECS Center. En 2017, le professeur YANAGI un des pères du concept de Sato-umi au Japon, concept adopté maintenant par de nombreux chercheurs, était présent ainsi que le directeur du Satoumi Research Institute , Monsieur Takehiro Tanaka. En 2023, lors du 19ème symposium franco-japonais à Caen, on notait la présence du vice-président d’EMECS, le professeur MATSUDA qui co-organisait cet évènement et co-éditait les actes du 19ème symposium édités chez Springer. En 2025, EMECS était de nouveau à Toba et nous souhaitons également l’associer au 21ème symposium franco-japonais qui aura lieu en France en 2027.

Le Président de la SFJO Japon et vice-président d’EMECS, le Professeur Teruhisa KOMATSU, introduisant la session Satoumi qui a permis de se rendre compte de la diversité des actions locales se réclamant de cette approche.

Une autre structure qui a constamment épaulé les deux SFJOs Japon et France est la Sasakawa Peace Foundation. Que cela soit le bureau de Paris ou le bureau de Tokyo, la Sasakawa Peace Foundation soutient les efforts des deux SFJOs depuis un bon nombre d’années. Cela permet de promouvoir la coopération entre le Japon et les autres pays afin de définir une nouvelle gouvernance des océans au cœur des préoccupations des deux SFJOs ainsi qu’en témoignent les nombreux actes de colloques publiés par nos deux sociétés.

L’Ocean Policy Research Institute (OPRI) qui a rejoint la Sasakawa Peace Foundation en 2015, participait également au 20ème symposium. Cet institut dont le Président est le Professeur Mitsutaku MAKINO de l’Université de Tokyo, a des thèmes de recherche et d’actions qui rejoignent ceux développés par les deux SFJOs, mais à une échelle et un cadre institutionnel plus larges tels que l’économie bleue, la gestion-exploitation durable/responsable des milieux océaniques et plus largement aquatiques, l’éducation à l’environnement,…

Une session spéciale organisée par l’OPRI a permis d’avoir une vision plus large de la gouvernance environnementale au niveau des mers régionales avec une approche comparative entre l’Asie de l’Est et la mer Méditerranée. Cette vision caractérisée notamment par les 17 objectifs de développement durable (SDGn) définis par l’ONU peut être utilisée pour affiner le classement des actions développées à des échelles différentes sous l’appellation « Satoumi/Satoyama ». et faire ainsi le lien entre « agir local et penser global »

EDF Power solutions participait également à ce symposium comme elle l’avait fait à l’Université de Caen Normandie, notamment par sa contribution au thème 5 « Offshore Wind Farm » sur un sujet important au Japon comme en France:  » How EDF power solutions has coordinated with fishermen and other stakeholders of coastal waters in France » présenté par Jean-Philippe PAGOT. Ce sujet sera également abordé lors du 21ème symposium Franco-japonais d’Océanographie en France en 2027.

L’Ambassade de France au Japon était également présente. Ces évènements Franco-japonais et plus largement internationaux sont soutenus par l’Ambassade de France au Japon et l’Ambassade du Japon en France. Cela confère à nos deux Sociétés d’Océanographie une légitimité acquise historiquement par la volonté commune des Professeurs Louis FAGE et Tadayoshi SASAKI.

Une délégation française venue en nombre avec des communications diversifiées.

La participation française a été conséquente et au total 30 communications ont été présentées avec les 3 effectuées lors du séminaire organisé avant le colloque (le 22 novembre) par la Maison Franco-japonaise à Tokyo. Cette importance est liée en partie à la venue de l’UMR MARBEC, IFREMER, CNRS et de l’Université de Caen – Normandie, mais les membres de la SFJO (bureau et CS) ont été également très actifs : 14 communications (orales et posters). Voir le recueil des résumés : Les résumés des communications du Symposium de Toba sont maintenant en ligne. – SFJO

Présentation du poster « Introduction and Establishment of the European Flat Oyster Ostrea Edulis in Japan » par Sayaka TERAMOTO – Aquaculture division Iwate Prefectural Fisheries Technology Center, Japan

Principaux éléments à retenir.

  • Forte participation de jeunes chercheurs, certains venant de France ;
  • Renforcement des liens avec des structures reconnues internationalement : Ocean Policy Research Institute, International EMECS Center, Sasakawa Peace Foundation, Okinawa Institute of Science and Technology, tout en maintenant nos liens avec les universités françaises et japonaises et les grands organismes de recherche : IFREMER, CNRS, Fisheries Research and Education Agency Japan, MNHN, IRD ;
  • Un projet « Nature et Culture » qui prend forme et renforce la place originale que les deux Sociétés souhaitent occuper : approche transversale incluant l’ensemble des acteurs pour une démarche responsable de gestion, restauration, exploitation des ressources vivantes et de leur milieu avec la mise en valeur du lien entre Nature et Culture pour intégrer les patrimoines matériels et immatériels tels que définis par les concepts : Sato-yama, Sato-umi et Umigyo ;
  • Ce projet ne doit cependant pas occulter notre rôle de médiation scientifique et notamment pour mieux expliciter les mécanismes physiques, biogéochimiques sous-jacents au changement climatique et à l’adaptation des communautés animales et végétales au changement ;
  • Un renforcement du thème « Education à l’Environnement », illustré par la venue du professeur du Lycée maritime de Sète (Stéphane Petit) et du professeur du Lycée Sanyo Gakuen (Takashi Inoue). Lycée maritime Paul Bousquet de Sète qui sera un partenaire pour l’organisation du symposium et rencontre franco-japonaise de 2027 ;
  • Un partenariat qui se confirme avec les producteurs d’énergie éolienne et en particulier EDF Power solutions qui était présent à Caen, puis à Toba et sera présent également à Sète (échanges d’email avec Monsieur A. Olszak – EDF Power Solutions Japan).
  • Partenariat continu avec Springer Verlag pour la diffusion de nos travaux qui atteint un nombre très important compte-tenu de la nature des ouvrages (près de 190 000 téléchargements par chapitre pour les 5 ouvrages publiés par Springer). Le comité éditorial du Symposium de Toba a décidé de continuer ce partenariat avec Springer pour la diffusion d’une partie des communications.
Le Japon, comme la France possède une culture maritime très forte. Cette photo représente une collection de bateaux de pêche caractéristique de l’architecture navale dans le Musée Maritime de Toba

En fin 2027, le 21ème Symposium Franco-japonais d’Océanographie se tiendra à Sète.

Au revoir Toba et bonjour Sète. Pour Toba, ce n’est qu’un au revoir et nous espérons accueillir la ville de Toba à Sète.

Il nous reste maintenant à organiser le 21ème symposium. Les deux SFJOs France et Japon vont s’y atteler avec leurs différents partenaires français et japonais. La structure scientifique d’adossement sera l’UMR MARBEC. Une unité mixte de recherche dont « la raison d’être est de produire et diffuser des connaissances, former des scientifiques et fournir des expertises dans le domaine de la biodiversité marine et ses usages, principalement en Méditerranée et dans les écosystèmes marins tropicaux« .

L’organisation de cet évènement se fera également avec les acteurs professionnels traditionnels: pêcheurs, ostréiculteurs et conchyliculteurs et plus largement avec les acteurs de l’économie bleue, mais aussi avec les enseignants afin que les générations futures soient préparées aux défis de l’adaptation au changement global que cela soit du côté français et japonais.

Et pour le plaisir !

Il est rare de voir des œufs d’anguille (Anguilla japonica) et des leptocéphales. C’est ce que la station de la Fisheries Research and Education Agency proche de la ville de Toba nous a permis de découvrir.

Certes, il y a encore pas mal de travail pour arriver à produire à un coût raisonnable et en quantité des civelles, mais nos amis japonais s’y emploient et sont parmi les plus avancés en la matière. Pendant, encore pas mal de temps la capture de civelles sauvages restera le seul moyen d’approvisionner les élevages, en particulier en Chine, le principal producteur d’anguilles dans le Monde.